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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 10:18

Entre 125.000 (selon la Police) et 400.000 (selon les organisateurs) ! Le défi est relevé. Il faut dire que nous n'en avons pas douté bien longtemps... Dès que nous avons essayé de prendre le métro, nous avons compris. Un premier métro arrive, impossible de monter... Un deuxième, tout aussi bondé. On le laisse partir sans nous. Et là, nous constatons qu'il est déjà 14h. Nous décidons donc de prendre le prochain coûte que coûte. Ce ne fut pas sans difficulté, mais nous y sommes parvenues.mel

En sortant de la bouche du métro (ouf, nous pouvons enfin avaler un bol d'air), nous nous apercevons que nous nous trouvons exactement devant le cortège du Front de Gauche, et nous nous glissons donc jusqu'à la camionnette du Parti de Gauche. Partout on chante, on s'arme d'autocollants, on reprend les slogans...blanc

 Car oui, on est bien tous là pour porter un même message : EGALITE POUR TOUS ! Des gens de tous horizons qui défilent ensemble : homosexuels, hétérosexuels, athés, catholiques, politiques, syndicalistes... Des hommes et des femmes tout simplement, qui veulent tout simplement les mêmes droits pour tout un chacun, sans aucune exception ni distinction. Nous voulons que tout le monde puisse se marier, adopter, bénéficier de la PMA... Et comme le résume si simplement l'une des centaines de pancartes brandies aujourd'hui : « Notre mariage changera notre vie, pas la vôtre ».

Tout est dit. Que chacun puisse vivre sa vie sans avoir à se justifier ni à se soucier de ce que peuvent penser les autres. Que tous les citoyens aient les mêmes droits. Tous les hommes ne naissent-ils pas égaux en droits dans notre pays ? Il faut une loi claire qui donne les mêmes droits aux homosexuels qu'aux autres, il faut faire taire l'homophobie, il faut qu'à terme n'importe quel enfant homosexuel puisse se sentir aussi libre qu 'un autre de vivre sa vie et de présenter sa moitié à sa famille sans se soucier de leur réastion, ou de celle de ses voisins.

Nous sommes tous des hommes, quels que soit la couleur de notre peau, notre pays d'origine, notre sexe, notre taille, notre poids ou notre religion... Nous sommes tous des citoyens du monde. Et nous souhaitons, nous exigeons même, que celui qui a tant voulu devenir le Président de notre République, en fasse au moins respecter la devise : Liberté (d'être soi-même par exemple), Egalité (entre tous), Fraternité (ça, c'est un peu ce qui nous animait cet après-midi...).tex

En résumé, comme le scandait une autre pancarte : « Nous voulons l'Egalité, pas l'Austérité ! »

Sarah

 

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 21:56

 

Comme il faisait bon être Place de la Nation hier vers 13h30 !

           

           100 2143 Dès la sortie de la bouche de métro, nous plongeons instantanément dans l’ambiance. La place est rouge de monde. Nous sommes sous le ballon Front de Gauche. Tous nos sens sont en éveil. L’odeur caractéristique des grillades sent bon la manif. C’est certain : on y est ! Nos yeux scrutent tout alentour, à la recherche de connaissances qu’on ne croise parfois que lors des manifestations. Nos oreilles alertes distinguent déjà les slogans que nous scanderons en chœur le long du parcours qui nous mènera place d’Italie . Vient le moment fatidique où nous commençons à bien visualiser, à compter… Sommes-nous si nombreux que nous l’avions espéré ?

100 2109A voir cette multitude de personnes activées à  se coller des autocollants un peu partout sur leurs sacs et leurs vêtements, on se dit que le pari est remporté. Et nous apprendrons que nous étions au moins 80.000 personnes à être venues crier leur colère face à ce nouveau traité qu’on veut nous imposer et à exiger un référendum pour que chacun d’entre nous puisse exprimer son opinion sur le sujet, et que ce soit le peuple lui-même qui décide de son avenir.

            Plus de 60 organisations associatives, syndicales ou politiques étaient réunies, ensemble, sous un soleil radieux, pour demander à notre nouveau Président de la République ce changement si souvent promis au cours de sa campagne électorale. 100 2123En effet, le surnom octroyé par tous au Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance n’est-il pas « Traité Merkozy » ? Ce fameux pacte budgétaire qui assure à tous les pays qui le ratifieront des années d’austérité et une mise sous tutelle économique de l’Etat a bel et bien été signé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Et c’est ce traité que François Hollande, sans en avoir modifié le moindre mot contrairement à ce qu’il a tenté de nous faire croire, veut soumettre au vote des députés dans les prochains jours. Où est donc le changement ? Où est la rupture ?

           100 2137 Nos dirigeants ne voient-ils pas ce qu’il advient des citoyens européens vivants (le terme approprié serait plutôt « survivants ») dans les pays soumis à de multiples plans d’austérité ? Ne voient-ils pas ces peuples asphyxiés, ces peuples appauvris, ces peuples aux abois, ces peuples qui souffrent ? Comment peut-on croire encore, quand on connaît le sort de nos voisins grecs, espagnols ou encore portugais, que l’austérité est une solution ? Eux aussi sont dans la rue, à manifester pour crier leur désaccord avec la politique de leurs gouvernements, pour hurler leur désarroi face à un taux de chômage en hausse perpétuel, face à un pouvoir d’achat en baisse constante. Dans toute l’Europe les peuples hurlent leur peur de l’avenir et leur volonté d’une autre Europe. Une Europe des peuples, pas une Europe des banquiers soumise à leurs diktats. Une Europe qui place l’Humain d’abord.

           100 2104 Nous ne devons pas attendre de subir la même logique politique que nos frères européens subissent pour nous révolter comme ils sont en train de le faire. Le TSCG ne doit pas être ratifié. Les Français n’en veulent majoritairement pas. Le peuple doit être consulté. C’est son avenir qui se joue dans ce texte. Voilà pourquoi nous étions des milliers d’hommes et de femmes réunis ce dimanche après-midi. Nous exigeons un référendum pour que chaque citoyen puisse se prononcer sur ce traité. Pour nous, pour les salariés, pour les femmes, pour les retraités, pour nos enfants, pour les sans-papiers, pour les chômeurs, pour les jeunes… nous ne lâcherons rien !

 

Sarah 

 

 

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 09:36

En ce jour de rentrée scolaire, je me dois de souligner la première indignation dont j'ai été frappée ce matin. J’ai accompagné mon fils de 10 ans à sa rentrée en sixième. Jour important s’il en est. Tous les nouveaux collégiens et leurs parents étaient réunis dans la cour. Pour que chacun des élèves puisse connaître sa classe à rejoindre, ils ont tous été appelés à tour de rôle. Et de temps à autre, entre deux classes, le principal du Collège s’offrait un entracte au cours duquel il prodiguait des « conseils » aux parents présents. Parmi ces précieuses informations, il a été rappelé que certains dossiers scolaires avaient été déposés incomplets et qu’il manquait entre autre des photos d’identité dans un certain nombre de dossiers. Le principal a donc enjoint les parents concernés à lui fournir ces fameuses photos manquantes, sous peine que les élèves n’écopent de punitions… Non mais dans quel monde vit-on ? Il faut 5 euros pour faire des photos d’identité. 5 euros. C’est énorme pour certaines familles. Quand on sait que les fins de mois commencent pour certains foyers dès le 10, voire le 5 de chaque mois, que beaucoup comptent à l’euro près, comment peut-on être si désinvolte ? Comment un principal de Collège peut-il ignorer de cette façon les difficultés de certaines familles des enfants dont il a lui aussi un peu la charge ? 5 euros, ça peut être trop. Et l’école devrait être exemplaire en matière de tolérance, et ne pas punir les enfants parce que leurs parents n’ont peut-être pas les moyens de lui fournir sur-le-champ quelques photos d’identité.

D’autant que ce n’est pas la seule exigence financière de la rentrée, loin s’en faut. Le soir même, mon fils est revenu avec une liste de fournitures à acheter (bien évidemment pour le lendemain, si ce n’est pour la veille). Bon, il faut être honnête, les cahiers, stylos et autres petits matériels, on s’en doutait un peu. Mais quand au sortir du Collège mon fils me parle d’un manuel d’exercices d’Anglais à 8 euros, alors là, je repense déjà aux familles qui ont peut-être des difficultés à trouver 5 euros pour des photos d’identité. Et ça commence à m’agacer un peu. Je commande le livre en question. Le lendemain de la réception de ce fameux manuel d’Anglais, mon fils me montre un titre dans son cahier de correspondance en me disant qu’il est possible que dans 2 mois, le professeur d’Anglais change d’outil pédagogique et nous fasse acheter celui-là… Là, j’enrage intérieurement, et un seul mot m’anime : résistance ! Non, quoi qu’il arrive, je refuse d’acheter un second manuel pour une même matière sous prétexte qu’un professeur change de méthode selon son humeur. Et c’est décidé, je compte bien me présenter pour être déléguée des parents d’élèves !

Dans la même lignée de cette merveilleuse école qui n’est apparemment pas faite pour les familles pauvres, voire même les très modestes, le principal était très fier ce mardi de nous annoncer la venue de Monsieur Da Silva pour la remise d’une clé numérique à chacun des élèves. Il faut savoir que des devoirs sont à rechercher sur Internet, à imprimer, à conserver sur cette clé USB, ou que des documents sont consultables uniquement par ce biais. Certes, le progrès, c’est bien. L’idée est intéressante, mais s’est-on soucié une seconde de savoir si chaque famille concernée possédait un ordinateur, un accès à Internet, une imprimante ? En tout cas, on ne m’a personnellement jamais posé de telles questions… Donc, si certains enfants ne peuvent répondre aux demandes des professeurs, que va-t-on faire d’eux ? Les mettre à l’écart, les stigmatiser, leur trouver une quelconque punition ?

            Face à cette école à deux vitesses, nous devons nous battre et poursuivre notre travail d’éducation populaire. L’école de la République se doit d’appliquer la devise de la France : Liberté, Egalité, Fraternité. Chaque enfant doit avoir sa chance et se sentir considéré à l’égal de ses camarades. Sur ce point non plus, nous ne lâcherons rien.

                                                                                                                      Sarah.

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 18:02

 

affiches-et-visuel 0282« Ah ben on va être tranquilles pendant un mois à partir de ce soir, c’est le ramadan qui commence, on va plus les voir ! ». Voilà ce que j’ai entendu  ce matin sur mon lieu de travail. Cette phrase fut le point de départ d’une discussion à vomir entre deux de mes collègues, une de plus. Une de plus, parce que je suis quasi quotidiennement témoin de propos racistes et infâmes au bureau. Je veux donc dédier cette chronique à une réalité que nous ne devons pas oublier.

Lors de nos réunions ou des Assemblées Citoyennes, nous évoquons souvent l’électorat du F-Haine en essayant d’analyser qui sont ces personnes prêtes à donner leurs voix à une Marine Le Pen par exemple. Ce qui en ressort fréquemment, ce sont ces gens des campagnes que nous n’allons pas suffisamment voir, ces déçus de la gauche et de la droite, ceux qui ont peur de « la crise », et qu’il ne faut pas croire que l’électorat F-Haine est simplement raciste. Tout en étant d’accord avec le fait qu’il y a une pluralité de raisons qui peuvent pousser un citoyen à voter en faveur de l’extrême droite, je ne veux pas que l’on oublie qu’en France il y a toujours de vrais racistes purs et durs, et que nous devons nous battre contre ce fléau. Je vous livre un florilège de mots doux que j’ai pu entendre ces derniers temps, assise derrière mon ordinateur de travail. « Ils n’ont même pas le droit de boire de l’eau, et alors, qu’est-ce que ça peut faire, on va pas les plaindre quand même, ce sont eux qui ont choisi » (ah, bon, toujours, même les enfants ?). « De toute façon, j’vais t’dire, c’est bien à cause de tous ces problèmes de religion qu’il y autant la merde en France ». Phrase sortant de la bouche d’une catholique semblant faire fi de nombreuses guerres de religion étudiées en cours d’Histoire… « A Corbeil de toute façon, si tout le monde veut partir, c’est bien à cause de toute cette nouvelle population » suivi de (en me regardant) « Bon, j’vais pas les citer, sinon on va encore me taxer de raciste ». Oui, ils commencent à connaître mes opinions au boulôt. Forcément, même si mon entourage me conseille de faire la sourde oreille et que je m’y essaye, il arrive parfois que je craque tant les propos tenus sont durs, gratuits, choquants, diffamatoires. « La rue de Paris [toujours à Corbeil-Essonnes], on se demande pourquoi elle s’appelle la rue de Paris, on devrait l’appeler la rue d’Istambul !». Comment se taire face à ça ? Ou encore « Y’en a marre, en France on n’a plus le droit de fumer au restaurant, on n’a plus le droit de conduire en téléphonant, on n’a plus le droit de dire bougnoul à un bougnoul… » ou bien encore plus récemment « Il est pas encore passé notre petit  noiraud ? » en parlant de notre facteur dont vous aurez deviné la couleur de peau… Oui, oui, je n’invente rien, je me contente de rapporter ce qui se dit ici.

Depuis ma plus tendre enfance je me demande comment on peut haïr des milliers de personnes que l’on ne connaît pas sous le simple prétexte que la couleur de leur peau est différente de la nôtre, que leur religion est différente de celle que l’on pratique, qu’ils sont nés dans un pays différents du nôtre. Comment peut-on faire des catégories de personnes, comment peut-on accorder plus de valeur à un homme plutôt qu’à un autre ? Mystère toujours irrésolu pour moi à ce jour. Je rencontre chaque jour le racisme poussé à l’extrême, et pas seulement le racisme, chacun en prend pour son grade. « Les bénéficiaires étrangers ou d’origine étrangère qui partent en vacances, c’est une honte. S’ils ont assez d’argent pour partir en vacances, ils doivent laisser les HLM libres pour des français. ». « Les familles nombreuses sont des gens qui font des enfants uniquement pour toucher des aides ». « Il faudrait qu’on arrête de faire du social dans ce pays, y’en a marre des assistés ». « L’allocation parent isolé, c’est une honte, de nos jours, les mères, si elles sont célibataires c’est qu‘elles le veulent bien ! »

Et j’en passe et des meilleures… Autant vous dire que je rentre parfois chez moi abattue par ce flot d’atrocités. Pourtant, j’ai réussi à trouver un côté positif à ce déversement de haine. Au cours des périodes électorales que nous venons de vivre, notamment pendant la campagne présidentielle, je puisais dans ces médisances une énergie nouvelle lorsque j’étais fatiguée. Parce que nous avons tous été fatigués à certains moments il faut bien le dire, parfois physiquement, parfois moralement. Mais notre engagement était là, bien ancré, et nous trouvions toujours la force de militer chaque jour en plus de notre travail, de nos études, de nos vies de familles, de nos soucis quotidiens. Et j'ai personnellement trouvé une énergie incroyable à l’écoute de tant d’horreurs. L’envie de lutter, de résister, de faire avancer l’éducation populaire, de tout faire pour atteindre un monde meilleur, un monde plus juste où chacun(e) aurait sa place, un monde dans lequel nous pourrions appliquer notre programme et placer enfin l’Humain d’abord. Parce que se taire et laisser couler n’est pas pour moi la solution. Réfléchir, faire réfléchir, démonter les argumentations, et faire germer des idées nouvelles, me plaît davantage. Ca peut-être par petites touches, presque de façon invisible, comme l’heureuse initiative qui mérite d’être citée du professeur de ma fille qui leur a fait apprendre la chanson « Lily » de Pierre Perret. Ou bien offrir des poupons ou des barbies dites « ethniques » à nos enfants pour engager la discussion. Il existe aussi des romans évoquant certains sujets comme « Moi, Félix, 10 ans, sans papier » de Marc Cantin de  par exemple. Il faut parler, discuter, ne pas laisser le mal s’installer.

Pour finir, je veux vous citer une célèbre chanson de Claude Nougaro, qui devrait selon moi être étudiée à l’école :

Armstrong, je ne suis pas noir,

Je suis blanc de peau

Quand on veut chanter l'espoir

Quel manque de pot !

Oui, j'ai beau voir le ciel, l'oiseau

Rien, rien, rien ne luit là haut

Les anges, zero

Je suis blanc de peau.

 

 

Armstrong, tu te fends la poire,

On voit toutes tes dents,

Moi je broie plutôt du noir

Du noir en dedans.

Chante pour moi, Louis, oh oui,

Chante, chante, chante sa tient chaud

J'ai froid, oh moi

Qui suis blanc de peau.

 

 

Armstrong, la vie quelle histoire !

C'est pas très marrant

Qu'on l'écrive blanc sur noir

Ou bien noir sur blanc

On voit surtout du rouge, du rouge,

Sang, sang, sans trève ni repos,

Qu'on soit, ma foi

Noir ou blanc de peau.

 

 

Armstrong, un jour, tôt ou tard

On n'est que des os...

Est-ce que les tiens seront noirs

Ce serait rigolo

Allez Louis, alléluia

Au-delà de nos oripeaux,

Noir et Blanc sont ressemblants

Comme deux gouttes d'eau

 

Ensemble, refusons la passivité. Résistons par chacun des pores de notre peau contre le racisme, le fascisme, l’exclusion, l’idée que certaines vies valent plus que d’autres. L’Histoire nous a malheureusement prouvé jusqu’où cette haine peut nous mener. Alors battons-nous pour faire respecter la devise de notre pays « Liberté, Egalité, Fraternité ».

 

Sarah

 

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 19:16

 

affiches-et-visuel 0282« Ah ben dis donc, qu’est-ce qu’on va trinquer nous les fonctionnaires, ça s’annonce mal ! ». Voilà la petite phrase que nous servit une collègue en guise de bonjour ce matin. Ce à quoi je réponds aussitôt : « Mais, il n’y a pas que pour les fonctionnaires que ça va être dur. » Et ma collègue de conclure par un « Mais je m’en fous moi des autres, je suis fonctionnaire, je ne suis pas les autres ».

Et voilà. Voilà de quoi débuter ma série de chroniques destinée simplement à relayer ce que je peux entendre ou vivre quasi-quotidiennement. Pourquoi les partager ? Peut-être pour que nous puissions partager nos expériences, trouver des pistes pour l’avenir, réfléchir ensemble à des solutions pour faire évoluer les mentalités, éradiquer les préjugés, continuer l’éducation populaire. C’est bien comme cela que fonctionnent nos Assemblées citoyennes, par le partage, l’échange. Peut-être est-ce un peu pour évacuer toute cette colère qui me ronge parfois devant tant de misère et d’injustices ?

A la faveur de la remarque de ma collègue ce matin, ma première chronique évoquera donc ce phénomène : le nombrilisme. En deux phrases m’a été résumé l’un des problèmes majeurs responsable de l’état dans lequel se trouve notre société. Bien sûr, il ne faut pas généraliser. Mais nombreuses sont les personnes à ne regarder que leur situation personnelle. Notamment en prenant leur bulletin de vote. On ne vote pas pour un programme juste ou humain ou encore qui serait favorable au plus grand nombre, mais pour ce qui nous arrange personnellement, pour ce qui sera bon pour nous-mêmes. Dommage pour ceux qui n’ont pas le droit de vote… Mais comment ? Comment peut-on fermer les yeux à ce point ? Comment peut-on accepter la misère dans laquelle certains doivent vivre, ou plutôt devrais-je dire survivre ?

En fin de campagne présidentielle, j’ai assisté à un meeting de Jean-Luc Mélenchon, place Stalingrad. Pour y accéder, nous avons dû traverser une place sur laquelle des familles mangeaient à même le sol un repas servi par une association. J’ai eu envie de pleurer, de vômir. Bien sûr que je ne découvrais pas le phénomène mais le voir est si dur et l’accepter simplement impossible. Pourtant, la plupart des gens passaient leur chemin sans avoir l’air ému plus que ça, comme habitués ou indifférents. Autant vous dire que je n’ai pas mangé ce soir-là.

J’apprends à mes enfants à ne pas gaspiller eau ou nourriture en leur expliquant pourquoi, comme avec cet exemple. Mais que puis-je leur répondre quand ils me demandent pourquoi. « Mais maman, pourquoi les riches donnent pas tous un peu d’argent aux pauvres ? Pourquoi on partage pas la nourriture avec les autres pays ? » Mais oui, pourquoi ? J’ai beau avoir grandi, je me pose toujours cette question moi-même. Mais je crois que l’une des pistes est peut-être justement le fait que chacun ne pense qu’à soi. Les pauvres ? Ils n’avaient qu’à pas être pauvres ! Ils n’avaient qu’à pas se mettre dans cette situation ! Oui, j’ai déjà entendu cette réponse, et j’ai peur de ne pas être la seule. Ca fait peur. Oui, j’ai peur. Peur de ce repli sur soi grandissant, de ce déclin de solidarité. Mais c’est aussi la peur ou l’ignorance qui provoquent ces réactions. Dans un contexte de crise, chacun ignore et s’inquiète de son devenir, et cela n’est malheureusement pas près de s’arranger.

A l’heure ou j’écris ces lignes, notre Premier Ministre n’a pas encore fait sa déclaration de politique générale (je crains que cela ne fasse l’objet d’une future chronique) mais des annonces ont déjà été faites concernant notre avenir, notamment en ce qui concerne notre pouvoir d’achat. En effet, grâce à ce gouvernement « de gauche » le SMIC a été augmenté. Ouf, nous avons bien fait de faire passer Hollande ! Mais quelle est cette hausse de 0,6% ? Elle représente un carambar par jour ! Mais de qui se moque-t-on ? Parce que des hausses, il y en aura d’autres évidemment, comme celle du gaz ou de l’électricité… Donc, si vous n’avez plus assez d’argent pour payer votre facture d’électricité cet hiver, ne vous inquiétez pas, vous aurez votre carambar quotidien pour vous tenir chaud !  Merci François !

            Et oui, en somme, le riches continueront à s’enrichir tandis que les pauvres continueront à s’appauvrir. Nous savons pertinemment que les mesures d’austérité vont se succéder, et que nos vies seront de plus en plus austères, rudes, et qu’on voudra nous imposer des plans de rigueur d’envergure nationale ou européenne. Nous ne devons pas nous replier chacun sur soi, nous ne devons pas laisser les dirigeants et le capitalisme nous diviser. Le peuple ne prendra le pouvoir qu’en se rassemblant, en s’unissant. Ouvrons les yeux et les cœurs, refusons ensemble la misère et l’injustice. Acceptons les différences et refusons l’indifférence. Liberté. Egalité. Fraternité. Continuons à œuvrer chacun dans la mesure de nos possibilités pour que la devise de notre pays soit appliquée. Ne nous résignons pas. Ne lâchons rien !

 

                                                                       

 

 

 

 

 

 

 

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